La recherche sur les biocarburants de 2nde génération prend ses quartiers à Berkeley
L'université californienne va recevoir 665 millions de dollars pour deux projets de recherche ambitieux.
Berkeley est en passe de devenir la capitale américaine des biocarburants de deuxième génération grâce à de substantiels investissements dans la recherche. En effet, souci d'indépendance pétrolière oblige, les biocarburants - notamment l'éthanol de maïs - ont le vent en poupe aux Etats-Unis. Toutefois, ces trois dernières années, les biocarburants à base de biomasse de cellulose, matière organique la plus abondante et la moins chère sur la planète, sont en train d'émerger comme l'alternative la plus prometteuse. Non seulement ils constituent une moindre menace pour les ressources alimentaires, mais leur cycle de production requiert moins d'eau et moins d'énergie que l'éthanol de maïs. Seul problème, l'éthanol de cellulose, déjà en production dans une poignée de bio-raffineries pilotes, coûte deux fois plus cher. Les experts estiment qu'il faudra au moins cinq années de recherche avant d'obtenir un produit commercialisable à un prix comparable à l'éthanol de maïs, voire à l'essence.
Du coup, le Sénat s'apprête à adopter un projet de loi destiné à accroître la production d'éthanol de cellulose grâce à une enveloppe de 1,1 milliard de dollars de subventions. L'administration Bush et le secteur privé ont toutefois déjà commencé à occuper le terrain de la recherche. Les projets les plus ambitieux à ce jour ont élu domicile à Berkeley. L'université a été choisie par la compagnie pétrolière BP pour abriter l'Energy Biosciences Institute, financé à hauteur de 500 millions de dollars sur dix ans et conçu comme un partenariat entre des chercheurs universitaires et des salariés de BP. Le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a surenchéri en incorporant au budget de l'Etat 2007-2008 une enveloppe de 40 millions en notes obligataires auto-amortissables.
Le département américain de l'Energie a également sélectionné Berkeley pour accueillir le tout nouveau Joint BioEnergy Institute (JBEI). Celui-ci repose sur la collaboration de cinq entités de l'université de Californie (dont Berkeley, Davis et trois laboratoires nationaux) et recevra dans un premier temps 125 millions de dollars sur cinq ans.
Complémentarité
« Les travaux de l'EBI et du JBEI vont être très complémentaires, avec un phénomène inévitable d'enrichissements mutuels dans la mesure où des chercheurs seront impliqués dans les deux programmes », affirme Susan Jenkins, une directrice de l'EBI. Les deux instituts ont en effet une clef de voûte commune : le Lawrence Berkeley National Laboratory. L'EBI, conçu en partenariat avec l'université de l'Illinois, poursuit deux axes prioritaires. En premier lieu, optimiser la production d'éthanol de cellulose à base de « Miscanthus giganteus », ou roseau de Chine. Lointain parent de la canne à sucre, il pousse vite, exige peu d'eau, et son potentiel énergétique laisse envisager des rendements de
De son côté, le JBEI va se consacrer à la recherche fondamentale et génomique sur la cellulose et les bactéries pour développer des carburants alternatifs pour les transports automobiles, aériens et marins. Son équipe devrait atteindre 160 chercheurs d'ici au printemps prochain, date de l'ouverture de ses nouveaux locaux à la périphérie du campus de Berkeley.
Source : http://www.lesechos.fr/info/innovation/4662794.htm