Réflexion polémique ...

Publié le par Claude

L'appétit bioénergétique des pays grandit dans le monde entier. Le Brésil veut devenir la plus grande puissance énergétique de la planète. Les Etats-Unis veulent s'affranchir de leur dépendance vis-à-vis du Moyen Orient. Les pays d'Europe, mais aussi la Chine, l'Inde, la Malaisie, la Thaïlande, l'Indonésie... se lancent dans la production de biocarburants. Même l'Afrique, seul continent à avoir d'énormes réserves de terres arables, se demande si ce n'est pas, pour elle aussi, une opportunité.

Mais ça et là, des voix s'élèvent : la priorité des priorités n'est-elle pas la nourriture des humains et des animaux ? Lester Brown, fondateur de "l'Institut de politique planétaire" rappelait récemment qu'un seul plein d'éthanol pour un 4x4 nécessitait autant de céréales qu'il en faut pour nourrir une personne pendant une année entière. Quant à Jean-Luc Duplan, responsable biocarburants à l'Institut français du pétrole, il estime, pour des raisons économiques cette fois, qu'il serait préférable d'avoir des biocarburants issus de matières non alimentaires comme la paille, les résidus ou le bois.

A l'heure où les Brésiliens veulent faire de l'éthanol une alternative mondiale au pétrole, les spécialistes du Cirad le rappellent : si l'on veut d'abord remplir les estomacs avant les réservoirs, si l'on veut garder suffisamment de forêts pour continuer à respirer, la part des biocarburant dans le monde ne pourra pas dépasser les 10 à 15 % en 2050. Si ici, nous avons le choix de mettre nos aliments dans les réservoirs de nos voitures, des millions d'individus dans le monde n'ont pas cette chance, car ils n'ont pas suffisamment de nourriture, et n'ont pas, bien entendu, de voiture...

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Publié dans biocarburant

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