Le président de l’Ania sonne l’alarme sur les biocarburants
À l’occasion de la conférence de presse annuelle de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), son président, Jean-René Buisson, a évoqué le « risque » que les biocarburants prélèvent une trop grande part de matières premières utiles pour l’alimentation.
Lors de la conférence de presse de l’Ania, qui s’est tenue le 27 avril, le sujet des biocarburants est d’abord venu d’un propos sur l’exportation agroalimentaire français, dont le solde a fléchi de 17% en 2008. Jean-René Buisson a reconnu que des entreprises agroalimentaires, parmi les plus importantes, se sont approvisionnées sur le marché mondial. « Quand c’est plus cher ici, elles vont acheter à l’extérieur ». Puis il a enchaîné : « nous sommes préoccupés par les biocarburants, même si en France seulement 1% des produits agricoles leur sont destinés. Nous ne voulons pas perdre notre capacité d’auto-suffisance en matières premières issues de l’agriculture ».
Les discours des décideurs de l’agriculture française sur ce sujet « peuvent être équivoques », a-t-il ajouté. Ils ont intérêt à mener des programmes « concertés » avec l’industrie alimentaire, a-t-il conclu sur ce sujet.
Cette position tranche avec celle qu’a développé le porte-parole de la Commission européenne à l’Énergie le jour-même à Paris. Ferran Tarradellas Espuny a développé un argument « définitif » : « si on a encore des doutes sur ce sujet, il suffit de regarder les faits. Les biocarburants n’ont pas empêché la chute des prix alimentaires. La denrée qui a le plus augmenté en 2007/08 est le riz, or on ne produit pas une goutte d’éthanol avec ».
Source : Agra Presse du 27/04/09