De l’éthanol avec nos déchets : c’est pour très bientôt (1/3)

Publié le par Claude

Une firme américaine promet de produire, d’ici à deux ans, de l’éthanol à partir de nos déchets, et non plus d’aliments, pour moins cher que l’essence. Une révolution.

 

Un carburant moins cher que l’essence aujourd’hui, permettant de réduire de plus de 80% les émissions de CO² et produit à partir de déchets, c’est l’E85 de seconde génération.

Mais alors qu’on ne l’attendait qu’à l’horizon 2015, voire 2020, une petite société américaine nous le promet pour dans 2 ans. Autant dire pour demain.

Coskata, c’est son nom, est une société d’une quarantaine de personnes, en majorité des chercheurs en biochimie, basée à Warrenville, dans l’Illinois. Jusqu’à la conférence de presse du géant Général Motors au dernier salon de Détroit, Coskata était quasiment inconnue. Il aura suffi que Rick Wagoner, le PDG de GM, annonce un partenariat stratégique entre son groupe et cette PME pour le développement de véhicules et d’un réseau de distribution d’éthanol de seconde génération pour secouer le monde automobile. Il faut dire que les promesses sont alléchantes, et les délais de mise en œuvre stupéfiants.

 

Fin 2008, la première usine « vitrine ». D’ici à la fin de l’année, Coskata aura construit une première usine expérimentale aux Etats-Unis. Celle-ci permettra d’exploiter le processus de fabrication de l’éthanol développé en laboratoire, mais cette fois-ci à l’échelle industrielle, et devrait produire environ 150 000 litres par an. Une paille à l’échelle automobile mondiale. Sauf que William Roe, le PDG de Coskata, affirme pouvoir produire d’ici 2014 des milliards de litres d’éthanol à partir de nos déchets.

 

Un peu d’électricité et des bactéries

Ce nouveau procédé à peu à voir avec les classiques fermentations ou distillations de sucre ou d’amidon employé pour l’éthanol de première génération. Ici, il s’agit d’extraire le carbone et l’hydrogène de la partie ligneuse – non comestible – de la plante (ou de tout autre déchet), ce qui ne va pas de soi.

Coskata s’appuie d’abord sur un processus déjà largement connu que de nombreuses sociétés pratiquent dans le monde, la gazéification. La méthode diffère en fonction des déchets à traiter, mais c’est principalement la gazéification par plasma qui est employée. Il s’agit d’exposer les déchets à de très hautes températures (plus de 1 500 °C) grâce à un arc électrique de forte puissance afin de les séparer en sous-produits. Avec d’un côté un résidu solide et de l’autre un gaz de synthèse majoritairement composé de monoxyde de carbone (CO) et d’hydrogène (H²).

Ensuite, et c’est là que le procédé de Coskata est révolutionnaire, ce gaz de synthèse, filtré et refroidi est exposé à une bactérie qui transforme le CO et l’hydrogène en éthanol. Cette bactérie de la famille des clostridies, qui meurt au contact de l’air ambiant (anaérobie), a été découverte par le Dr Ralph Tanner de l’université de l’Oklahoma. Il ne reste ensuite plus qu’à filtrer le mélange éthanol-eau au travers d’une membrane pour obtenir de l’éthanol pur à 99,7%. Cerise sur le gâteau, ce procédé ne nécessite qu’un litre d’eau par litre d’éthanol produit, trois à quatre fois moins que pour la distillation conventionnelle.

Source : Auto-moto n°153 mars 2008

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article