Biocarburants de deuxième génération : Picardie et Champagne-Ardenne à la pointe
L’unité d’agronomie de l’Inra de Laon est en pointe dans la recherche du carburant « vert » de la deuxième génération. A partir d’une plante,
ET si le Miscanthus était la plante d’avenir pour les biocarburants et plus ?
Si oui, l’utilisation nouvelle de cette « herbe à éléphant » ou « roseau de Chine », ses autres noms, aura de forte chance d’avoir été découverte rue Ferdinand Christ à Laon.
Ici, Sylvie Recous, directrice du projet « Misqual » en collaboration avec le laboratoire départemental d’analyse et de recherche du conseil général, travaille sur l’utilisation complète de cette plante pour, à la fois les carburants de la 2e génération, mais aussi d’autres débouchés comme des parpaings. « L’originalité du projet est donc d’utiliser toute la plante, c’est-à-dire les graines pour la nourriture mais aussi la partie verte pour d’autres utilisations telles que les biocarburants », explique Sylvie Recous.
« Qui plus est, c’est une plante pérenne, qui ne nécessite pas un sol très riche et qui est une grosse consommatrice de gaz carbonique. »
Soit le gaz plus particulièrement chassé pour combattre l’effet de serre.
Si ce projet vient de débuter, le travail en amont est déjà bien balisé.
A tel point qu’en Picardie et Champagne-Ardenne, plusieurs champs de ce type de plante existent et sont exploités. « Nous en sommes à étudier à quel moment, la récolte doit se faire. Soit en fin d’automne, soit au printemps. » Une plante qui a un plus, c’est d’utiliser ses propres feuilles, lorsqu’elles tombent, pour fertiliser son propre environnement.
Et donc exit les engrais et toute la chaîne énergétique qui en découle.
« C’est un peu une course contre la montre puisqu’en l’espace d’un très court temps, nous sommes passés d’une agriculture raisonnée avec jachère, à une libération totale de la production pour des raisons de déficit alimentaire animal et humain. »
D’où cette idée de proposer très vite des solutions durables.
Outre les deux entités laonnoises, deux autres partenaires travaillent sur les autres composantes du projet : un laboratoire de technologie innovante et l’université de Champagne-Ardenne, par l’intermédiaire d’un espace rémois. « Dans un an, nous serons déjà fixés notamment sur la période de récolte. Mais comme chaque équipe travaille dans un domaine précis de la plante, tout devrait aller très vite. »
On comprend mieux pourquoi la zone du griffon à Laon est écopée du pôle de compétence « industrie et agro-ressource ».
Source : L’Union du 25/11/07