Energie - Boom prévisible sur le bio (biocarburants) : un quart de la filière va se mettre au vert d’ici 2030.

Publié le par Claude

Les « bioproduits » et les « bioénergies » ont le vent en poupe. Selon Claude Roy, le coordonnateur interministériel pour la valorisation de ce secteur, ils « devraient connaître une croissance importante d’ici à 2030 ». Mais ils ne remplaceront pas totalement les produits d’origine fossile.

Claude Roy s’exprimait lors d’un colloque sur les perspectives de cette filière, qui se déroulait à Paris avant-hier. Il a rappelé qu’avec les énergies tirées des produits agricoles (bioéthanol, biodiesel), les bioproduits (emballages biodégradables, fibres naturelles, encre végétale…) répondent aux enjeux de limitation des émissions de gaz à effet de serre et d’indépendance énergétique.

« La valorisation de la biomasse dans les filières énergie et chimie des matériaux pourrait s’élever (en France) à 50 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep) en 2030 contre 11 Mtep actuellement », a-il estimé. Même en se basant sur l’hypothèse d’un maintien en 2030 de la consommation d’énergie primaire autour du niveau actuel de 250-300 millions de tonnes d’équivalent pétrole, la part des bioproduits et bioénergies atteindrait alors 16 à 20 % contre quelque 4 % actuellement. L’énergie primaire, qui comprend l’ensemble des produits énergétiques non transformés, exploités directement ou importés, s’est élevée en France à 275,3 Mtep l’an dernier, selon l’INSEE. Mais il existe une restriction de taille : le développement des bioproduits et bioénergies sera limité par la croissance de la demande mondiale alimentaire qui restera, évidemment, prioritaire.

 

« Jamais la biomasse ne remplacera la totalité des applications de l’énergie fossile », a souligné Claude Roy, qui pense qu’il ne peut y avoir de « logique de substitution » mais une « complémentarité », même si, selon lui, « à l’horizon 2030, la biomasse aura un rôle prépondérant ».

Pour l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le bio-plastique – emballages, sacs, films réalisés à partir de matières végétales – pourrait être la filière la plus dynamique à l’horizon 2030 avec une production qui devrait atteindre 2,23 millions de tonnes contre seulement 10.000 tonnes en 2005. Toujours selon cette étude, la production de biocarburants serait multipliée en France par 29 (11,5 Mtep en 2030 contre 403.000 tonnes en 2005) sur la base d’un scénario « optimiste mais réaliste » d’un pétrole autour de… 150 dollars le baril.

Edition France Soir du jeudi 15 novembre 2007 n°19645 page 16

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Publié dans biocarburant

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