Etats-Unis : le prix de l'essence au secours des républicains

Publié le par Claude

Après une baisse continue depuis trois mois, le prix de l'essence à la pompe aux Etats-Unis se trouve à son plus bas niveau depuis le début de l'année. Selon la Federal Energy Information Administration, les automobilistes américains payent maintenant en moyenne 2,22 dollars pour un gallon (3,7 litres) de carburant sans plomb contre plus de 3 dollars cet été. Tandis que les cours du baril de pétrole ont perdu environ 20 % depuis août, celui de l'essence à la pompe a baissé de 26 % et parfois même de 35 % dans certains Etats.

De là à imaginer que l'administration Bush a orchestré la chute des prix de l'essence à quelques semaines des élections de mi-mandat, il n'y a qu'un pas vite franchi par plusieurs commentateurs. Ils ne sont pas les seuls à se poser des questions. Selon un sondage réalisé par l'Institut Gallup pour le quotidien USA Today, 42 % des Américains pensent que leur gouvernement a délibérément manipulé les prix à la pompe. Pour Tony Snow, porte-parole de la Maison Blanche, tout cela est "risible".

Les experts politiques soulignent l'importance du coût de l'énergie pour l'Américain moyen. Il passe 450 heures par an en moyenne derrière son volant, deux fois plus qu'un Européen, et son véhicule consomme bien plus. Une étude publiée par le New York Times, en mai, quand les prix à la pompe étaient très élevés, montre que 63 % des sondés avaient décidé de moins rouler ; 49 % allaient changer leur destination de vacances et 56 % avaient réduit d'autres dépenses.

"Il est clair que le prix de l'essence a une grande influence sur la confiance des consommateurs qui, elle-même, n'est pas sans rapport avec le jugement porté sur l'administration", déclare Gary Langer, spécialiste de l'analyse des sondages de la chaîne de télévision ABC. "La corrélation entre la popularité dans les sondages de George Bush et le prix de l'essence est presque parfaite", ajoute Andy LaPerriere, analyste du ISI Group, un cabinet de recherche économique de New York. Reste à savoir si la thèse de la manipulation repose sur des faits. Le journaliste Bob Woodward a affirmé, lors de l'émission "60 minutes" du 1er octobre, sur CBS, qu'à la veille de l'élection présidentielle de 2004, l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Washington, Bandar Ben Sultan, avait assuré George Bush que son pays allait augmenter sa production de plusieurs millions de barils par jour pour faire baisser les cours. C'était il y a deux ans.            LE MONDE | 28.10.06 |

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Publié dans biocarburant

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