Pour les biocarburants, mais à quel prix ?
Si les intentions de développement les biocarburants sont saluées dans le monde agricole, des producteurs se demandent ce qu’il en est réellement de la valeur ajoutée des céréales destinées à cette filière.
Alors que François Fillon, en déplacement au Space à Rennes le 9 septembre, assure que le secteur agroindustriel français est entré de plein pied dans la révolution écologique notamment par la voie des biocarburants, la Coordination rurale s’étonne le même jour dans un communiqué de presse du silence inquiétant de la filière sur le prix du blé qu’elle achète aux producteurs pour ses usines.
Le gouvernement avait fixé pour objectif un taux d’incorporation de 7% de biocarburants dans les essences d’ici 2010. « Il faut le respecter, parce que sans les biocarburants, nous n’atteindrons pas nos objectifs nationaux d’énergie renouvelable », affirme le premier ministre en inauguration du Space. Et de poursuivre sur le nécessaire maintien du système d’incitation fiscale, qu’il conviendra de réorienter vers les biocarburants de deuxième génération, « qui constituent pour nous une priorité. » Les biocarburants de deuxième génération permettent en outre, rappelons le d’éviter les compétitions entre surfaces alimentaires et non alimentaires.
La coordination rurale a donc également choisi le 9 septembre, date d’ouverture du Space pour rappeler que depuis le 9 juin dernier, elle attend toujours une réponse de Pierre Cuypers, président de l’association nationale pour le développement des carburants agricoles. Il avait, promis, lors de la table ronde sur l’énergie organisée par le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, de répondre lendemain à la question: combien la filière peut rémunérer, départ ferme, la tonne de blé destinée à être transformée en éthanol ? Le syndicat estime pour sa part qu’en absence de réponse claire, « ce silence de la filière vise, de manière délibérée, à cacher la vérité aux agriculteurs : la production d’éthanol ne peut être obtenue qu’au prix d’une moindre valeur ajoutée ou même d’une vente à perte de leurs céréales. »
Source : Web-agri du 9/09/08