Les bilans énergétiques des biocarburants sont contestés.
Le bilan énergétique est l’un des points clefs pour évaluer l’intérêt des biocarburants. L’indicateur le plus souvent retenu est le ratio entre l’énergie restituée et l’énergie non renouvelable mobilisée. Ce rendement énergétique représente la capacité d’une filière biocarburant à démultiplier une quantité d’énergie non renouvelable consommée.
L’évaluation énergétique des biocarburants fait apparaître des résultats très contrasté.
Les principales sources de variation du rendement énergétique sont les conditions de culture, l’espèce cultivée, les procédés industriels et la méthode de calcul. Ce dernier point est une source de polémique entre les détracteurs des biocarburants et les filières de production.
Une clarification s’impose donc.
L’Union Européenne a décidé de promouvoir l’utilisation de biocarburants dans les transports (Directive 2003/30/CE) notamment pour économiser du pétrole, dont la ressource s’épuise, et limiter notre indépendance vis-à-vis de pays tiers. L’économie de carburant fossile n’est cependant pas égale à la quantité substituée, car la production de biocarburant a un coût énergétique : production des intrants agricoles (engrais, phytosanitaires et semences), fonctionnement des engins agricoles, transports et fabrication de biocarburant. Il convient également de comptabiliser l’énergie nécessaire pour la construction des infrastructures, des engins agricoles et des véhicules. Dans le cas du biodiesel, l’huile végétale est estérifiée avec du méthanol, dont le coût énergétique de fabrication doit aussi être pris en compte.
Pour les filières biocarburants, il est vital de démontrer que les bilans énergétiques sont nettement favorables, et de trouver des voies d’amélioration. La filière biodiesel a donc décidé d’actualiser les bilans énergétiques du biodiesel de colza et de tournesol (étude PricewaterhouseCoopers SOFIPROTEOL, 2007), et d’identifier les principaux postes de coût énergétique pour en déduire des voies de progrès.
Source : Perspectives agricoles Mai 2008 n°345