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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 19:35

Il faut transformer la règle du jeu. Le directeur de Cohésis, 10ème coopérative céréalière de France (2 000 agriculteurs dans la Marne, la Seine et Marne, l’Aisne les Ardennes et l’Aube, un chiffre d’affaires 2008 de 330 millions d’€, 340 salariés), ne manie pas la langue de bois. Pour Jean Pierre Cochet, l’engagement de son groupe à fournir durant dix ans quelque 10% de sa collecte (1 million de tonne en 2008) à la ligne blé, en production depuis mars dernier, de la raffinerie d’éthanol de Bazancourt  près de Reims (plus de 150 millions d’hectolitres par an) est rendu caduc par les nouvelles réalités économiques et écologiques des biocarburants. « Quand on est parti sur cette filière il y a quatre ou cinq ans, le prix de la tonne de blé oscillait entre 90 et 95 €. Il y avait des stocks importants et des jachères. Le monde agricole se demandait comment valoriser la production dans un marché déprimé » explique le dirigeant.

Et de poursuivre : « Aujourd’hui, la tonne de blé pour l’alimentaire est à 140 €/t alors que celle destinée à l’éthanol est à 100€. Il n’y a plus de stocks ni de jachères. La défiscalisation est susceptible de disparaître dans le futur. Tout cela fait que l’usine n’est pas profitable. »

« L’écologiquement correct des biocarburants est remis en cause » juge Jean-Pierre Cochet.

En octobre 2008, le Fond monétaire international s’était ainsi inquiété des conséquences de la plus grande utilisation des céréales pour les carburants verts  sur le prix des produits alimentaires, notamment dans les pays pauvres. Le dirigeant semble enfin craindre par avance les conclusions d’un rapport sur le bilan général de la filière biocarburants que l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie doit remettre en septembre.

 

 Photovoltaïque

A défaut de rêver encore d’un soutien de l’Etat comme il en existe pour l’électricité éolienne avec l’obligation faite à EDF de la racheter à un prix supérieur au marché. Jean Pierre Cochet estime que la solution est de réduire la consommation de blé pour les biocarburants et d’augmenter en proportion l’assolement de betterave à sucre, principale matière première de l’éthanol français. « Notre mission reste d’assurer un développement régional non délocalisable avec des sources de richesses diversifiées », dit Jean Pierre Cochet. Pas question pour lui d’entrainer Cohésis dans des investissements internationaux comme le rachat de malteurs étrangers ou de terres en Ukraine.

Il préfère mettre en avant son offre d’installations photovoltaïques clef en main qui connaît un succès grandissant sur les exploitations agricoles. « Nous avons 150 études en cours et 10 dossiers signés », assure-t-il.

Source : Les Echos du 9/07/09

Par Claude - Publié dans : biocarburant
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