Le sorgho paraît être la culture miracle capable de produire en zones semi-arides à la fois du biocarburant et des aliments sans
impact négatif sur l'environnement mais aussi le marché alimentaire mondial, ont expliqué des scientifiques travaillant sur un projet pilote en Inde.
« Nous considérons le sorgho à sucre comme la récolte idéale car elle peut à la fois produire de la nourriture et de l'éthanol", a souligné William Dar, directeur général de l'Indian Crops
Research Institute for Semi Arid Tropics (ICRISAT), un institut international de recherche à but non-lucratif.
Le sorgho à sucre est la cinquième grande culture céréalière mondiale après le riz, le maïs, le blé et l'orge. Il pousse dans des terrains secs et tolère bien la chaleur. Ce sont des qualités
idéales pour les zones semi-arides de la planète, où se trouve une grande concentration de pauvreté.
Un produit peu demandé sur le marché et moins gourmand
Pour une même surface cultivée, le sorgho consomme deux fois moins d'eau que le maïs pour une valeur nutritionnelle comparable et huit
fois moins que la canne-à-sucre. De ce fait, le sorgho requiert peu ou pas d'irrigation qui nécessite des pompes à eau coûteuses en carburant fossiles émettant du CO2, le principal gaz à effet de
serre.
Contrairement au maïs, l'utilisation de sorgho à sucre pour produire du biocarburant a un impact négligeable sur le marché alimentaire mondial car il est peu demandé. Le sorgho est actuellement
cultivé sur 42 millions d'hectares dans le monde dans 99 pays et les Etats-Unis en sont le premier producteur.
Test en Inde : rentabilité accrue
Avec divers partenariats, l'ICRISAT a aidé à construire et à faire fonctionner depuis 2007 une usine d'éthanol à partir du sorgho à
sucre produit par ces petits fermiers. En Inde, un gallon (3,78 litres) d'éthanol produit à partir du sorgho revient à 1,74 dollar, comparé à 2,19 dollars pour la canne à sucre et 2,12 dollars
pour le maïs, précise l'ICRISAT.
Des projets développés sur le même modèle de partenariat sont en cours aux Philippines, au Mexique, an Mozambique et au Kenya, précise le document de l'ICRISAT dont le siège est en Inde et qui
reçoit des fonds publics de gouvernements.
Source : M24 13/05/08
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