Alors que KLM prévoit
de faire voler ses avions avec de l’huile de friture dès Septembre prochain et que Lufthansa utilise déjà les biocarburants pour certains de ses vols, la commission européenne se penche sur les
problèmes que suscitent les biocarburants et propose des critères de certification pour cette énergie.
Le schéma volontaire « 2BSvs » d'initiative française chargé de garantir la durabilité des biocarburants a été approuvé par la Commission européenne, en plus de six autres mécanismes, a indiqué Bruxelles mardi.
Dans le cadre de la directive ENR sur les énergies renouvelables, les Etats membres doivent s'assurer de la durabilité des biocarburants utilisés. C'est ainsi que différents consortium ont proposé des schémas volontaires de certification des biocarburants. En France, c'est le mécanisme « 2BSvs » qui a été porté puis désormais validé. Il s'applique à tous les types de biocarburants.
Les entreprises productrices ou importatrices de biocarburants peuvent choisir de faire la preuve de leur conformité aux exigences de durabilité dans le cadre de systèmes nationaux ou en
s’affiliant à un mécanisme volontaire reconnu par la Commission. Cette reconnaissance leur permet de bénéficier d’aides financières et d’être comptabilisé en tant qu’énergie renouvelable.
La commission a donc étudié 25 candidatures d’organismes de certification souhaitant que leur mécanisme soit reconnu au niveau européen. Sept partenaires ont été sélectionnés. Ces
partenaires seront donc habilités pendant 5 ans à délivrer des labels aux entreprises productrices en Europe ou importatrices. « Toutes les étapes devront être contrôlées depuis le lieu de
production jusqu’à la pompe », a précisé Günther Oettinger.
Ces partenaires organiseront des audits indépendants, et le tout sera surveillé par Bruxelles et les pays de l’UE.
Les autres schémas validés sont :
- ISCC (mécanisme financé par des fonds publics allemands pour tous les types de biocarburants),
- Bonsucro EU (initiative pour les biocarburants à base de sucre de canne, principalement axé sur le Brésil),
- RTRS EU RED (initiative pour les biocarburants à base de soja, principalement axé sur l'Argentine et le Brésil),
- RSB EU RED (initiative concernant tous les types de biocarburants),
- RBSA (mécanisme mis en place par la société Abengoa pour sa chaîne d'approvisionnement),
- Greenergy (mécanisme mis en place par la société Greenergy pour l'éthanol brésilien obtenu à partir de sucre de canne).
Nous devons « nous assurer que les forêts tropicales et les tourbières riches en carbone ne deviennent pas des plantations de palmiers à huile et de cannes à sucre. Nous devons également garantir que les biocarburants permettent, par rapport aux carburants fossiles, des économies réelles d'émissions de gaz à effet de serre », explique la Commission européenne dans un communiqué
L’UE s’est fixé pour objectif une part d’au moins 10 % d'énergie renouvelable dans les transports d’ici à 2020. Aujourd’hui cette part atteint 4% et les moteurs électriques ne suffiront pas à relever la barre. C’est pourquoi la commission européenne étudie en ce moment l’opportunité qu’offrent les biocarburants. Cependant les biocarburants ne constituent des énergies renouvelables qu’à condition que les entreprises qui les produisent, respectent quelques principes de durabilité. Günther Oettinger, commissaire à l’énergie, proposait donc Mardi 19 juillet de confier à 7 partenaires le soin de certifier la production de biocarburants.
Les biocarburants sont très vivement critiqués et ne font pas l’unanimité. Le biocarburant est un carburant produit à partir de matériaux organiques non fossiles, provenant de la
biomasse. Il peut s’agir de betterave, de cannes, de blé, de maïs, de palme, de jatropha ou encore de tournesol et de colza, mais aussi de déchets verts tels que les feuilles,
tiges…
Les premiers exemples cités (biocarburants dits de première génération) sont particulièrement controversés puisqu’ils utilisent des ressources et des terres
arables qui servent également à l’alimentation de l’homme. Leur production dans le but de faire du biocarburant risque donc de mettre en concurrence alimentation et énergie, alors
qu’elle génère déjà des pressions à la hausse sur les prix des produits alimentaires de base.
Par ailleurs, les agrocarburants sont accusés d’aggraver la déforestation et la perte de biodiversité, du fait des surfaces de culture qu’ils nécessitent.
Pour être labellisés, les biocarburants devront respecter des exigences techniques et écologiques. « Nous devons nous assurer que la totalité de la production de biocarburants et de la chaîne d’approvisionnement correspondante sont durables. C’est pourquoi nous avons fixé les normes de durabilité les plus exigeantes du monde » expliquait le commissaire à l’énergie.
Par exemple en matière d’environnement, les producteurs de biocarburants devront prouver qu’ils contribuent réellement à la baisse des émissions de gaz à effet de serre (au minimum 35% de moins que l’essence, et 50% en 2017), réduire leur consommation d’eau et de produits chimiques, augmenter leur utilisation d’énergies renouvelables et surtout minimiser l’impact négatif sur la qualité des sols. En outre, « les biocarburants ne peuvent être produits dans des zones présentant une grande valeur pour la biodiversité, telles que les zones protégées, ou dans des zones renfermant des quantités importantes de carbone, tels que les forêts et les tourbières » précisait Güthen Oettinger.
Information à partir du site : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Le-systeme-de-durabilite-des.html
A la fin de l'année 2010, les Etats-Unis étaient en tête des plus gros producteurs de biocarburant à travers le monde. C'est ce qu'indique une étude publiée par le
pôle GBC (Global Biofuels Center) de Hart Energy Consulting. Selon ces mêmes travaux, Brésil et Chine se placent en seconde et troisième positions en matière de production d'éthanol
renouvelable.
Commentaires